CABINET MÉDICAL DES TILLEULS

Madame, Monsieur,

À la fin du mois d’octobre prochain, le Cabinet Médical, en tant que tel, c’est-à-dire en tant que structure regroupant un certain nombre de professionnels de la santé, cessera son activité.

Il y a beaucoup à dire sur les conditions dans lesquelles ce démantèlement – car il s’agit bien de cela – se produit alors que la mairie, pas plus que l’ensemble des administrés, ne peut s’y opposer.

Le Cabinet Médical des Tilleuls a été créé à Saint-Ouen en 1987. Depuis cette époque, un certain nombre de médecins s’y sont succédés auxquels se sont joints ultérieurement des kinésithérapeutes.
Pendant une longue période les choses sont allées ainsi pour le plus grand bien de la population. Cependant, depuis quelques années, des dissensions sont apparues entre les membres du groupe médical avec, pour corolaire, l’hypothèse de leur séparation et le départ du bâtiment actuel.

De ce fait, des contacts entre les médecins et la commune ont été établis dès la fin 2014. Le but de ces rencontres et de celles qui suivirent, était de développer l’éventualité du projet de construction de deux cabinets médicaux indépendants sur une parcelle communale.

Les discussions avancèrent dans ce cadre, tandis que d’autres professions paramédicales semblaient intéressées par cette initiative. Au bout de quelques temps, des esquisses architecturales de ce que pourraient être les futurs cabinets furent même présentées à l’ensemble des participants.

Trois des médecins abandonnèrent alors soudainement le projet ne nous laissant comme seuls interlocuteurs que les docteurs Gray et Meurice.

Je me suis étonné de ce revirement auprès de celles qui venaient de quitter le groupe alors même que les locaux dans lesquels elles consultent n’offraient plus de conditions idéales de sécurité. Ce qui ne les fit pas changer d’avis. Selon elles, leur bailleur – la commune n’étant pas propriétaire des lieux – leur avait assuré le contraire.

Les discussions et accords que nous eûmes par la suite avec Messieurs Gray et Meurice progressèrent tant et si bien que les murs de leur futur cabinet commencent maintenant à se dresser rue de l’Eglise, derrière la mairie. L’ouverture, si tout se passe bien, est prévue pour la fin de cette année. Les choses n’en sont cependant pas restées là pour autant.

C’est avec la consternation que l’on devine que nous avons appris, il y a quelques semainesle très discret départ du docteur Grout De Souza.
Très discret parce que, à aucun moment, nous mairie, n’en avons été prévenus, ce qui, me semble-t-il relevait de la plus simple courtoisie.

Peu de temps après, presque simultanément, nous avons également dû acter le départ en octobre de Mesdames Vidal et Egret.                                                      Là aussi, il me fallut beaucoup d’insistance pour que l’un de ces deux médecins me précise le détail de ces nouvelles défections.

Dans un article paru le 13 juin dernier dans le Courrier de l’Eure, le maire du Gros-Theil (commune dans laquelle exerce maintenant le docteur Grout De Souza) explique les démarches simplifiées, la mise à disposition d’un local, les embellissements et les futurs projets pour attirer ce médecin.

De la même manière, dans son éditorial du bulletin « La Londe Contact » du mois de mai, le maire de se réjouit de l’opportunité pour sa commune d’accueillir deux médecins pour lesquels des travaux sont prévus dans le local qui les recevra.

Tout autant que de la part des médecins, il m’aurait semblé naturel que ces maires m’entretiennent au préalable de la situation à venir (à laquelle d’ailleurs je n’aurais rien pu changer) avant que je ne l’apprenne incidemment ou par le bouche à oreille.

Ceci ne règle pas pour autant le sort des deux kinésithérapeutes qui ne peuvent naturellement, à eux seuls, assumer le montant de la location du bâtiment.

La commune n’a ni autorité, ni compétences sur les membres des professions libérales qui exercent sur son territoire ; qu’elles que soient celles-ci. C’est un fait indéniable. Il n’en reste pas moins que derrière ces stratégies de déplacements tactiques et de calculs locatifs sur fond de désaccords, il y a une population et une mairie qui se trouvent mises d’une manière très discutable devant le fait accompli du vide d’un cabinet médical dont, bon gré, mal gré, il faudra bien accepter l’évidence.

Compte tenu d’un contexte anxiogène de raréfaction, sinon de désertification médicale nationale, une inquiétude se crée nécessairement dans la population audoenienne en relation avec le départ de médecins auxquels elle s’était attachée. Cela, même si la densité de professionnels sur le plateau du Roumois reste à un niveau privilégié par rapport à d’autres régions françaises.

Le Cabinet Médical des Tilleuls dont, je le rappelle, deux des médecins continueront heureusement à exercer sur le territoire communal, méritait, eu égard à sa taille, sa notoriété, son ancienneté et surtout sa clientèle, mais également vis-à-vis de la mairie, une gestion différente de sa dissolution et un peu plus de civilité.

La mairie, qui ne peut en rester là, s’est déjà engagée dans un mouvement de réflexion qui permettra, à terme, dans d’autres conditions, la poursuite d’une activité du cabinet.