Le mot du maire

Madame, Monsieur,

L’intérêt général, qui précède l’intérêt commun, requiert que soient examinées avec soin toutes les éventualités en mesure de présider à l’avenir de notre commune. C’est le rôle et la responsabilité des élus municipaux.

Il en a été ainsi, puisqu’elle s’est présentée à nous, de l’hypothèse de la fusion de notre commune.

Le principe de celle-ci a le mérite de la clarté, puisque, dans la définition donnée par l’Etat,  « La fusion de plusieurs communes est l’unification en une seule commune de communes jusqu’alors distinctes ». Derrière l’apparente sobriété de la formulation, se dissimulent nombre de sujets à traiter, d’accords à trouver, de réglages à effectuer.

A l’heure actuelle, l’avenir des 36 000 communes françaises fait l’objet de multiples supputations, surtout si l’on se réfère à nos voisins européens qui ont, en général, une densité bien inférieure à celle de la France dans ce domaine.

Alors, resterons-nous nationalement en l’état présent ? Le bon sens favorisera-t-il le mouvement vers des regroupements ? Serons-nous « rassemblés » autoritairement ?

Pour ce qui concerne Saint-Ouen, la question se pose ; pas encore d’une manière décisive, mais elle se pose, ou se posera à terme. Notre position géographique particulière ne nous laisse pas beaucoup de perspectives quant au choix des alliances et notre situation financière nous contraindra, un jour ou l’autre, en raison de la baisse drastique et régulière des dotations de l’Etat, à évoluer.

Quoi qu’il en soit de l’avenir, des contacts se sont développés récemment dans le sens de cette évolution entre Bosnormand, Bosc-Roger-en-Roumois et Saint-Ouen-du-Tilleul. Plusieurs réunions et de nombreuses rencontres ont eu lieu, sur des thèmes précis, entre les maires, les adjoints, puis l’ensemble des élus. Un schéma assez avancé de charte a été élaboré. Nous nous sommes saisis du problème.

La détermination est une chose, le calendrier en est une autre et le cheminement pour aboutir à une entité nouvelle de plus de cinq mille cent habitants un très long parcours.

Au terme des dispositions prises par l’Etat, le seuil du 30 juin 2016 a été fixé comme date limite pour les délibérations à prendre par les conseils municipaux qui décideraient de la fusion de leur commune avec d’autres. Or, ce calendrier, en l’état de l’avancée insuffisante des travaux d’élaboration de cette fusion et de la tâche qui nous incombait, ne pouvait être tenu.

La vocation des élus à administrer les communes, et plus singulièrement la nôtre, doit se faire dans le strict respect du mandat délivré, mais elle doit aussi s’adapter en permanence aux changements, évolutions ou modifications, dictées par l’exigence ou la nécessité des circonstances.

Ce qui ne signifie pas se précipiter.

Une fusion doit être le résultat d’une dynamique collective, organisée, ordonnée, approfondie. En dépit du travail effectué par l’ensemble des élus de nos trois communes, trop de points restaient encore en suspens pour présenter le projet à la population.

Cette suspension n’est que temporaire. Saint-Ouen-du-Tilleul, demain, ne pourra pas faire l’économie de ce projet. L’avenir va dans ce sens, l’avenir passe par le rassemblement, dans le respect de l’identité de chacun et dans la volonté d’unité afin d’offrir le cadre de vie, de confort et d’équipements auxquels les habitantes et les habitantes de la nouvelle commune seront en droit de prétendre.

Très cordialement.

Le maire.

Jean Aubourg