Le mot du maire

Mesdames, Messieurs,
Chers amis,

Une année vient de se terminer et une autre commence. La question immédiate qui peut venir à l’esprit est bien sur celle-ci : que s’est-il passé dans un cas, que va-t-il se produire dans l’autre ?
Je répondrai à cela, que de mon point de vue il n’y a pas à proprement parler, d’avant ou d’après, mais qu’il y a plutôt une permanence dans l’action et les projets.

Bien plus qu’un bilan symbolique, je veux vous parler des orientations prises, ou à prendre, par notre commune et j’emprunterai pour cela une représentation maritime dont le symbole me paraît approprié.

Tout le monde a en tête l’image de ces énormes navires qui sillonnent aujourd’hui les océans.
Lorsque ces masses de plusieurs centaines de milliers de tonnes ont acquis leur vitesse de croisière, il est difficile de modifier rapidement leur cap, et plus difficile encore de les faire ralentir ou accélérer au gré des circonstances.

C’est à ce point précis que se trouve l’analogie avec notre commune.

Avec sa taille et ses 1600 passagers, Saint-Ouen est un navire pour lequel les modifications de cap qui ont eu lieu ont été progressives. Elles sont maintenant effectives et perceptibles par tous.
Le navire est dans l’axe.

Alors, me demanderez-vous, quel est ce cap, quel est ce but ?

Eh bien, le cap c’est celui que nous avons voulu donner à la commune en arrivant à la mairie et que nous maintenons jour après jour par tous les moyens, en dépit des embruns et des coups de vent qui résultent des baisses de dotations.
Quant au but, il s’agit inlassablement d’aller de l’avant afin que Saint-Ouen puisse se développer, en harmonie avec son époque et son vaste environnement métropolitain, pour le plus grand bénéfice de sa population.

 

Saint-Ouen fut jadis une commune rurale, un peu repliée sur elle-même, un peu à l’écart de tout.
A telle enseigne que le Conseil Municipal, en 1905, effrayé sans doute par le progrès que représentait l’automobile et, je cite les termes de la délibération, « par leur vitesse désordonnée », demanda au maire que la vitesse soit limitée, dans la traversée de la commune, à 6 km/h pour les automobiles et à 8 km/h pour les vélos et les motos.

Cette anecdote pour dire que les choses ont beaucoup changé, que les élus audoeniens ne se crispent plus, loin s’en faut, devant les évolutions et que même au regard de périodes plus récentes, Saint-Ouen-du-Tilleul ne peut plus s’offrir le luxe de regarder passer les choses.
Et pas seulement le trafic automobile sur lequel je reviendrai.

Saint-Ouen, dans sa position excentrée par rapport à l’ancienne Communauté de Communes (et qui l’est d’ailleurs tout autant par rapport à la nouvelle de Roumois-Seine) Saint-Ouen, donc, n’est pas encore devenue commune périphérique de la Métropole Rouen-Normandie, mais, soyons réalistes, elle en est déjà périurbaine. Le découpage administratif est une chose, l’évidence en est une autre.

Cette position, dans ce qu’elle peut avoir de valorisant pour nous quant à l’ouverture physique que nous offrons sur notre département et sur le Pays du Roumois, n’entraîne pas moins une forte pression sur la démographie, l’urbanisme, les écoles, les équipements, les réseaux, la voirie, etc.

Nous nous devons d’y répondre, nous nous devons de la canaliser, notamment dans la cadre du schéma de cohérence territoriale, mais surtout nous nous devons de l’accompagner et, si possible, de l’anticiper. Nous nous devons aussi de préserver notre identité.

Ce en quoi le PLU, notre Plan Local d’Urbanisme, qui vient d’être définitivement adopté le 24 novembre dernier après un long travail de préparation, nous aidera amplement puisqu’il fixe les grands axes qui accompagneront le développement de la commune pour, au moins, la décennie à venir.
Ce n’est pas un règlement de plus. Il s’agit d’un outil actif d’urbanisme, moins contraignant que l’ancien Plan d’Occupation des Sols qui datait, lui, en dépit de plusieurs modifications, de l’année 1979.
Il prend en considération l’évolution sociologique rurale qui se dessine avec les nouveaux arrivants, urbains pour la plupart, l’évolution du cadre de vie et de la modification des paysages, l’architecture, l’environnement, les nouvelles normes énergétiques, bref, notre vie collective d’aujourd’hui et de demain dans ce milieu commun où nous vivons toutes et tous : notre village

 

Nous sommes maintenant, à quelques semaines près, à la moitié du mandat municipal. Beaucoup de choses ont déjà été réalisées, pas toujours immédiatement perceptibles, pas toujours spectaculaires parce qu’elles touchent le quotidien, d’autres sont évidemment plus visibles, mais toutes étaient nécessaires.

Dans un domaine plus large que cet immédiat, nous travaillons depuis un certain temps sur deux grands axes : les routes, pour la partie qui nous revient, et les équipements communaux. Dans certains de ces cas, d’ailleurs, des travaux ont déjà été engagés.

Parlons tout d’abord des routes, et principalement de la départemental 313.

La dernière phase d’enfouissement des réseaux électriques et téléphoniques le long de cette voie se termine. La seconde partie des nouveaux candélabres équipés de LED, beaucoup plus économiques que l’éclairage traditionnel antérieur, a été installée et sera bientôt en fonction.
Les travaux de raccordement chez les particuliers ainsi que les travaux des autres gestionnaires de réseaux sont, eux aussi, pratiquement achevés.
Il reste quelques détails à régler, des fils ici ou là, mais globalement nous sommes arrivés au terme de cette étape.

Nous allons pouvoir entamer les travaux de la partie routière.

Ils seront placés dans la perspective de l’organisation des espaces routiers et piétonniers pour cette partie de la commune.
Organisation de la sécurité pour les piétons et les cyclistes, organisation des aménagements pour réguler les déplacements et le stationnement, organisation des dispositions pour ralentir la vitesse.
Ce dernier point est d’ailleurs un des plus difficiles à mettre en œuvre en raison du comportement irresponsable de certains usagers et en dépit des contrôles effectués par les services de la Gendarmerie Nationale que je remercie ici publiquement.
Il reste un certain nombre de choses à mettre au point, mais dans le meilleur des cas, les travaux pourraient commencer dans la seconde partie de l’année.

Viennent ensuite les travaux routiers qui concerneront la voirie communale et, comme ce domaine n’est pas de notre compétence directe, nous travaillerons en coopération avec la nouvelle Communauté de Communes. Il s’agit, en l’occurrence, de la rue des Bruyères et de la rue des Ecameaux.

Il est prévu dans les projets 2017 pour ces voies, la réfection complète de la voirie, l’amélioration attentive des évacuations d’eaux pluviales avec la création d’un fil d’eau, d’un trottoir et un basculement de chaussée. Nul doute qu’il faudra être vigilant à la réalisation de ces projets dans le contexte de la nouvelle intercommunalité.
Nous profiterons de ces travaux pour créer également un mode de ralentissement à destination de la circulation automobile dans les deux cas.

Les projets dont je vais vous entretenir à présent, sont des objectifs à moyen ou long terme. Ils sont également plus complexes à mettre en place, parce qu’insérés dans une chronologie qui les lie entre eux.

Nous avons, à l’heure actuelle, un atelier pour les agents territoriaux du service technique qui présente peu de sécurité, peu de confort, qui ne respecte que peu de normes et qui est entouré de bâtiments en piteux état. Le tout sur une parcelle communale.

Nous avons également, sur une autre parcelle communale où se situe la cantine scolaire, un bâtiment, lui aussi en mauvais état, qui se trouve être l’ancien atelier.

Les étapes du projet, qui est d’ailleurs déjà lancé, sont globalement les suivantes :

  • Démolition du bâtiment derrière la cantine
  • Remise en état de la parcelle
  • Construction du nouvel atelier
  • Aménagement des abords, aménagement d’une nouvelle entrée sur la route départementale
  • Aménagement de la sécurité du déplacement des enfants qui se rendent à la cantine
  • Transfert de l’atelier actuel dans le nouveau

La parcelle ainsi libérée, devenue friche industrielle, sera, elle aussi, remise en état. Dans le même temps nous profiterons de l’opportunité pour élargir à cet endroit le virage très difficile formé par la rue Briand, puis nous rendrons cette parcelle constructible.

 

Nous voulons, pour ces lieux, un aménagement maîtrisé et nous agirons dans ce sens, ainsi que nous le faisons déjà avec les aménageurs du futur lotissement de la Chouque et, très prochainement, de la même manière, pour la réhabilitation de mare Verdier.

Il y a, dans ce secteur, un nouveau quartier qui se développe. Il comportera à terme environ 50 logements et il préfigure l’image de ce que pourra devenir Saint-Ouen, notamment dans le contexte du PLU que j’évoquais tout à l’heure, mais aussi, et plus encore, dans une volonté dynamique de renouvellement et d’élargissement de notre population dont l’âge moyen augmente. Cette détermination est également tournée vers le maintien de l’activité de la commune, la pérennité de ses écoles, de ses commerces, et d’une manière générale, pour la qualité et l’avenir du cadre de vie audoenien.

 

L’un des objectifs primordiaux que nous nous étions fixé en arrivant concernait les économies à réaliser. Pas les économies pour elles-mêmes, mais les économies pour mieux investir.

Parmi les dépenses, celles liées à la consommation d’énergie représentent un poste important dans notre budget. Elles ont cependant l’avantage, sous certaines conditions, de pouvoir être contenues ou même être revues à la baisse.

Nous avons signé avec l’Agence Locale de l’Energie et du climat de l’Eure une convention pour réaliser un bilan des dépenses générales d’énergie de la commune afin d’en établir une analyse détaillée.
A terme, cela se traduira par un important programme de rénovation énergétique de notre groupe scolaire Jules Renard et peut-être également de la cantine.
C’est un programme ambitieux. C’est un programme nécessaire. C’est un programme qui en préfigure d’autres qui ne seront pas nécessairement de l’ordre de l’énergie.

Toujours est-il que dans ce domaine, d’autres améliorations ont été, sont, ou vont être apportées, que ce soit pour le groupe scolaire dont je viens de parler, la salle des fêtes, le futur atelier ou, comme vous l’avez peut-être lu dans le Courrier de l’Eure de cette semaine, la réflexion qui est en cours sur l’éclairage municipal qui pourrait éventuellement être coupé de 23 h à 5 h du matin, avec des aménagements éventuels pour la fin de semaine.

Je ne vais pas entrer dans tous les détails de ce dernier projet, qui soit dit en passant permettrait assez facilement d’économiser 10 000€ par an, puisqu’il y aura à ce propos une réunion publique dans laquelle vous pourrez vous exprimer sur un sujet qui concerne tout le monde.
Il faut simplement savoir que de plus en plus de communes, grandes ou petites, mettent en place ce dispositif qui, dans la perspective d’une implication collective beaucoup plus large que le simple cadre de Saint-Ouen, entraîne une modération générale des dépenses d’énergie dont nous avons tous besoin maintenant.

Là également, nous travaillons avec l’Agence Locale de l’Energie de l’Eure, afin d’alimenter et d’élargir la réflexion au-delà de ce seul projet, car, les travaux énergétiques pour l’école, les nouveaux candélabres équipés de LED pour la départementale, l’attention apportée aux dépenses de la salle des fêtes, l’éventualité de la coupure de l’éclairage la nuit, les nouvelles fenêtres de la Résidence Saint-Jacques, ainsi que leurs volets, etc. etc. toutes ces dispositions procèdent du même principe : la gestion responsable de l’énergie et de son coût pour la collectivité. C’est-à-dire pour nous tous. Mais également l’économie de l’énergie dont nos enfants auront besoin demain.

 

Dans un tout autre ordre d’idée, vous le savez peut-être, deux des médecins du cabinet médical de la Résidence Saint-Jacques vont quitter le groupe pour s’établir ailleurs.

Saint-Ouen bénéficie des services d’un cabinet qui comporte cinq médecins, puisque l’un d’eux, le sixième, prend sa retraite, qui comporte également des kinésithérapeutes et des infirmières.
Dans une période où le désert médical commence à quelques kilomètres de chez nous, il faut s’en réjouir.
Il faut s’en réjouir et les conserver.
C’est pour cela que très bientôt, sur une parcelle communale située derrière la mairie, un nouveau cabinet sera construit dans lequel s’installeront les deux praticiens en question que nous sommes heureux de garder à Saint-Ouen.
Il faut savoir cependant que la mairie a vendu le terrain et qu’elle ne participera pas au coût des travaux. Ce ne sera donc pas un cabinet médical municipal.

En dehors de cela, d’autres travaux sont entrepris, ou vont l’être, afin, comme le veut la législation, de permettre l’accessibilité de tous les locaux communaux et édifices publiques aux personnes dont la mobilité, pour une raison ou pour une autre, se trouve réduite. Cette facilité bien naturelle d’accès des lieux par tous pose cependant, dans quelques cas, de gros problèmes de mise en œuvre et partant, d’investissements.

Je vous rappelle également, que dans le cadre du contrat de pays qui a été signé ici même en février 2015, il est toujours prévu chez nous la construction d’un centre de loisirs intercommunal dont les clauses d’exécution doivent être confirmées lors de la revoyure prochaine de ce même contrat.
Saint-Ouen possède le foncier nécessaire à cet usage et la volonté requise pour plaider sa cause devant les instances appropriées afin que ce qui est prévu soit.

 

Pour conclure cette longue liste et pour reprendre un objectif que j’avais entrepris d’atteindre, mais que je n’avais pu mener à son terme lorsque j’étais adjoint (mais également parce que depuis cette époque, quel que soit le niveau de discussion, rien n’avance réellement à ce propos,) j’ai recommencé à prendre des contacts afin d’essayer de parvenir à faire stopper, sur notre territoire qu’ils traversent quotidiennement, les bus de la ligne de transport à la demande Allobus qui dépendent des transports elbeuviens. Et donc de la Seine-Maritime.

Ce n’est pas gagné d’avance, la chose est difficile, très difficile, il y a des compétences qui nous échappent et, si j’ose dire, des problèmes plein la route en raison d’intérêts ou de points de vue qui ne rejoignent pas nécessairement les nôtres.
Mais là non plus, nous ne pouvons continuer à regarder passer les bus sans rien entreprendre, sans rien essayer et sans que personne ne se manifeste à propos de ce non-sens.

Je vous tiendrai, bien sûr, au courant de tout cela par l’intermédiaire du bulletin municipal et de notre site internet.

 

Il reste un dernier point qu’il faut évoquer… le financement de tout cela, car, naturellement, j’en suis persuadé, vous vous posez la question !…

A Saint-Ouen, comme dans de très nombreuses mairies, il y a une commission des finances.

Cette commission se réunie souvent et comme elle se réunie souvent elle compte souvent les sous de la commune !
Je schématise un peu, mais finalement, en gros, c’est le principe.

Je ne peux reprendre tout ce qui est fait dans ce domaine, mais sachez que l’un des résultats patents de notre gestion serrée a été de nous permettre de financer sans emprunt les travaux d’enfouissement des réseaux et les travaux annexes de la départementale 313. Ce qui n’est pas rien. En tout cas pour nous.

Cela ne veut pas dire qu’il n’y aura plus d’emprunts, cela veut dire clairement qu’il nous faut continuer à trouver la bonne distance entre investissements, économies et emprunts, tout en conservant notre place de commune peu endettée.

Pour ce qui concerne les travaux et investissements énumérés, certains seront autofinancés, certains seront portés par l’emprunt, certains autres bénéficieront des aides financières directes ou indirectes que nous obtiendrons ou auxquelles nous pouvons prétendre.

C’est le cas pour les deux ateliers, avec le soutien de l’EPFN qui est un établissement public foncier qui aide à la mise en œuvre des politiques d’aménagement territoriales. C’est le cas du Département dont nous avons obtenu des aides, avec le concours de notre conseiller départemental, pour la RD 313 et la mare Verdier. Cette dernière bénéficiant également, grâce au soutien du Pays du Roumois, de l’aide de l’Agence de l’eau. C’est le cas du syndicat de l’électricité de l’Eure qui subventionne certains de nos travaux. C’est le cas de l’agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, l’ADEME, et de la région Normandie, pour notre démarche de rénovation énergétique.
Il y a d’autres exemples bien sûr qui s’ajoutent à la gestion serrée, au suivi des dépenses, aux contrats renégociés, et à toutes ces choses. Cela nous a permis, entre autres résultats d’investir sans augmentation de la fiscalité communale, ce à quoi, je suppose, personne ne trouvera rien à redire…

J’ajouterai encore, sous forme de boutade : « pour que les choses durent il faut qu’elles continuent… » Je veux bien sûr parler des économies… et l’extinction nocturne de l’éclairage, par exemple, me semble être l’une des meilleures pistes récentes pour cela.

 

Voilà pour l’année qui commence un large programme… Il faudra pour s’y tenir, de la volonté, de l’attention, de l’énergie. Je ne doute pas un instant, avec votre concours, de l’aboutissement de tous ces projets.

 

Au nom de toute la municipalité je vous souhaite à toutes et tous

une très bonne année et je vous présente, ainsi qu’à vos familles,

mes vœux les plus chaleureux pour 2017.

 

Très cordialement.

Le Maire
Jean AUBOURG